Quelqu’un te demande quelque chose, il t’arrive de ne pas avoir l’énergie, pas l’envie, mais malgré ça, tu dis oui.
Pour éviter le conflit.
Pour ne pas décevoir.
Pour rester “quelqu’un de bien”.
Et sur le moment, ça passe mais quand ce schéma se répète quelque chose s’abime en toi…
Pourquoi on dit « oui » quand on veut dire « non«
On dit oui parce que :
• on veut être aimé·e, accepté·e, apprécié·e,
• on a appris que dire non, c’était égoïste ou impoli,
• on a peur de créer un malaise ou un conflit,
• on se sent responsable des émotions des autres.
Souvent, ce réflexe s’est construit très tôt et dire oui est devenu une stratégie de protection.
👉 Le problème, ce n’est pas le oui en lui-même, c’est le oui qui va à l’encontre de toi.
Les conséquences d’un “oui” forcé
Dire oui quand on veut dire non, c’est comme contracter un petit prêt.
Sur le moment, ça coûte peu :
🔸 “ce n’est pas si grave”,
🔸 “c’est pas grand chose”,
🔸 “je vais faire un effort”.
Mais à force, ces petits prêts s’additionnent et la dette apparaît sous forme de :
🔸 fatigue chronique,
🔸 irritation,
🔸 frustration,
🔸 perte de motivation,
🔸 parfois même de ressentiment envers les autres… ou envers soi.
Tu donnes, encore et encore, sans recharger vraiment. Et à un moment, le corps et le mental disent stop.
Ce que ça abîme, en profondeur
Dire oui contre soi n’est pas anodin.
À long terme, ça peut :
🔸 brouiller le lien avec tes propres besoins,
🔸 t’éloigner de ce que tu ressens vraiment,
🔸 diminuer la confiance que tu as en toi.
Dire non, ce n’est pas rejeter l’autre
C’est une peur très fréquente : “Si je dis non, je vais blesser, décevoir, perdre le lien.”
Mais dire non, ce n’est pas dire :
🔸 “je ne t’aime pas”,
🔸 “tu ne comptes pas”,
🔸 “tu demandes trop”.
Dire non, c’est dire :
🔸 “je me respecte”,
🔸 “je connais mes limites”,
🔸 “je veux être honnête”.
👉 Un non clair est souvent plus respectueux qu’un oui forcé.
Ce que dire non t’apporte vraiment
Exprimer ce que tu penses, ce n’est pas seulement t’écouter : c’est transformer la qualité de ta relation à toi-même et aux autres. Quand tu oses dire non là où tu aurais dit oui par automatisme, tu libères une tension intérieure qui, jusque-là, te coûtait de l’énergie. Tu te sens plus léger·e, plus posé·e, plus clair·e dans ta tête.
Et c’est souvent là que le paradoxe apparaît : les autres te respectent davantage. Les relations deviennent plus simples, plus justes, plus vraies.
Dire ce que tu penses t’aide aussi à attirer des échanges et des opportunités plus alignés. Tu n’as plus besoin de te suradapter pour être accepté·e. Tu montres qui tu es, et tu laisses naturellement de la place à ce qui te correspond vraiment. Tu gagnes en respect, en liberté intérieure, et en paix.
Comment commencer à dire non sans culpabiliser
Pas besoin de tout changer d’un coup.
Voici des pistes concrètes pour commencer en douceur.
1. T’autoriser une pause
Tu n’es pas obligé·e de répondre immédiatement.
Un simple : “Je te redis”, “J’ai besoin d’y réfléchir”, te permet de sortir du « oui » automatique.
2. Faire simple (et arrêter de te justifier)
Tu n’as pas besoin d’un discours élaboré pour que ton « non » soit valable.
Des phrases simples suffisent : “Je ne peux pas cette fois”, “Ce n’est pas possible pour moi”
👉 Plus tu te justifies, plus tu doutes intérieurement de ton droit à dire « non ».
3. Te rappeler ce que tu protèges
Dire « non » lorsque tu en as envie, c’est dire « oui » :
À ton énergie.
À ton temps.
À ton équilibre.
Ton corps te donne souvent la réponse : tensions, fatigue, boule au ventre, agacement,…
Ce sont des signaux précieux.
Apprendre à dire non, c’est aussi apprendre à écouter ces signaux, avant qu’ils ne se transforment en épuisement ou en colère.
Pour conclure
Dire « non » lorsqu’on en ressent le besoin ce n’est pas être quelqu’un de dur ou d’égoïste.
Au début, commence petit : un « non » dans un environnement dans lequel de te sens à l’aise par exemple.
Et observe ce que ça change.
Tes limites ne te ferment pas des portes, elles t’aident à rester aligné·e, vivant·e, respecté·e.